Au niveau du quai de pèche de la plage de Soumbédioune, il y
a une pléthore de pirogue. Elles sont en
grande partie fabriquées par des charpentiers locaux. Il s’agit des hommes qui sont spécialisés dans
l’art de la fabrication des pirogues.
| Crédit photo: Tidiane Cissé |
A l’ouest de la Médina juste après la corniche se trouve la
plage de Sombédioune. Ici c’est des dizaines et des dizaines de pirogues qui
sont stationnées sur les lieux sous un soleil d’aplomb. En prenant la direction
du nord, on tombe sur une vieille hutte qui fait face à la mer. C’est le siège
des charpentiers de la plage de Sombédioune. Tout autour des vieilles pirogues
en pannes, d’autres complètement détruites, et des pirogues neuves barrent la
route qui mène à la hutte. Dans ce désordre total, une bande d’homme se livre à
la décharge des troncs de bois sur un camion.
« Faites attention et prenez le à deux si
non vous allez vous blessez » affirme un homme d’une quarantaine d’année sur un ton autoritaire.
Le physique imposant, très élancé, le teint noir le visage ferme, il se nomme Mbaye Seye et est le chef des
lieux. Il parle de lui comme étant le
seul charpentier natif de Soumbédioune au service des piroguiers. « C’est avec ces bois là que nous fabriquions
les pirogues. Ils viennent comme ça de la Casamance. Il y a deux sorte de
charpentier : il y en a ceux qui construisent les maisons et ceux qui font
les pirogues comme moi. Nous, nous ne
travaillons seulement que sur commande parce que les bois sont chères».
En ce qui concerne les prix des pirogues Mbaye Seye assure qu’il évolue en
fonction des dimensions des pirogues qui peuvent se situer entre 4 et 22 mètres.
Ce maître charpentier a une trentaine de personne sous ses ordres dont
deux mineurs qui apprennent aussi le métier.
Pour trouver leur matière première (bois rouge
et en ‘’Chamba’’), la Casamance reste leur seul réservoir. Le
Chamba est le deuxième type de bois utilisé par les charpentiers pour
fabriquer des pirogues. C’est pourquoi ils ont des difficultés de trouver du
bois depuis la tuerie de Boffa Bayotte disent-ils. Parce que l’Etat a
établi trop de réglementation qui complique la coupe de bois maintenant. «A cela s’ajoute le manque de matériels moderne pour faire face
à la concurrence extérieur » explique à son tour Ismaël Niang en
peinturant une pirogue. Pour nombreux piroguiers rencontré sur la plage
Soumbédioune, ces fabrications locales donnent plus de chance de vie en cas
d’accident que celles importés (souvent caoutchouc).



